Ciseaux
Ciseaux
Création 2013

L’idée est née de l’envie d’un auteur et d’une metteur en scène, liés par leur complicité de travail et leur intérêt pour Raymond Carver. Aujourd’hui, des années plus tard, l’idée s’est faite chair : un roman qui paraît en août, une pièce qui naîtra fin janvier. En voyageant sur les traces de Carver aux U.S.A., en re-parcourant ses interrogations sur la littérature elle-même, Stéphane Michaka avance dans son écriture. Les résidences de travail, le temps donné, permettent d’expérimenter des dispositifs scéniques, de chercher des pistes de jeu et ainsi trouver le langage de Ciseaux. 4 acteurs sur scène et un piano – comme une machine à écrire – sont plongés au coeur du processus d’écriture, celui de la littérature, celui du plateau, guidant ainsi l’adaptation du roman au théâtre. L’ombre de Carver plane quelque part, des sensations fortes issues de ses nouvelles nous accompagnent et deviendront images.
On ne peut éradiquer nos fautes, pas plus que les racines qui nous lient. Ceci est notre jardin, ceci est notre compost

Ciseaux entre fiction et réalité

Les nouvelles de Carver sont inspirées par sa vie, sa relation avec son éditeur Gordon Lish, qui a des conséquences réelles sur ses fictions (des coupes franches, des amputations allant jusqu’à 70 %), les lettres qu’il lui a écrites ressemblent à des monologues shakespeariens, la vie même de Carver pourrait être l’une de ses nouvelles. Ciseaux n’est pas la vie de Ray mais une rêverie autour de l’homme qu’il représente, de l’homme coincé dans son quotidien, d’une relation entre deux hommes que tout oppose, liés par l’écriture, d’un homme qui a été aimé par deux femmes.
Les échappatoires qu’ils se donnent sont les histoires qu’il invente et qui l’aident à voir autrement sa vie ou en tout cas à la vivre. Stéphane Michaka a écrit un roman « théâtral », une succession de chapitres comme des scènes, aux différentes formes narratives, des dialogues, des monologues, des lettres, des nouvelles. Toutes ces formes sont présentes sur scène à travers trois espaces, celui de Ray, celui de Douglas et celui de l’intime, du rêve.

Ciseaux dans les corps

Le mouvement, qui depuis toujours a une place fondamentale dans l’esthétique du Théâtre de la Remise, devient ici développement de la pensée, visibilité des états de conscience, recherche sur l’inconscient. Là, on traque le juste avant que ça n’explose. On fait place au non-dit. On attire l’attention du spectateur sur un détail, comme un dentier posé sur une télévision ou une main qui se ferme brutalement et contient toute la colère du monde. A travers des situations réalistes, s’estompe pourtant la frontière entre le probable et l’improbable. Les images mentales entrent en écho avec un dialogue, une nouvelle se lit et prend vie au fur et à mesure. Ciseaux serait une pièce qui magnifie l’être dans son quotidien, qui, en utilisant le matériau de la vie ordinaire, intensifie et condense la vie pour qu’en surgisse sa grandeur.

Ciseaux de Stéphane Michaka

Publié aux Editions Fayard

J’avais envie depuis longtemps de raconter une histoire forte et conflictuelle entre un écrivain et son éditeur. Le mythe de Raymond Carver m’a offert les figures dont je rêvais. Au-delà de la rivalité entre un artiste et son mentor, Ciseaux explore la passion amoureuse qui lie un homme et une femme déterminés à s’inventer un destin. À 15 ans, Raymond décide qu’il sera Hemingway ou rien. Et la nouvelle, avec ses silences têtus et ses fins en lame de rasoir, son genre de prédilection. On est à Yakima, dans le nord-ouest des États-Unis. Autant dire nulle part. Son ambition donne le tournis à Marianne, la petite serveuse de la boutique de donuts. « C’était le truc le plus excitant que j’avais jamais entendu. Je lui ai dit : Tu peux compter sur moi, Ray. » Les deux adolescents se marient quelques mois plus tard. Marianne est enceinte. Raymond n’a pas commencé à boire. Douglas, lui, vient d’obtenir le job de ses rêves : directeur littéraire d’un magazine prestigieux.
Les nouvelles qu’il reçoit l’irritent comme un vilain psoriasis. Pour calmer ses démangeaisons, il coupe, réécrit, sculpte avec ses ciseaux. « C’est leur voix, tu m’entends ? Mais c’est ma signature. » Quand il le rencontre, Ray peaufine son art dans l’alcool depuis près de dix ans et Marianne subvient aux besoins du ménage. Douglas va changer leur vie. Raymond Carver, Maryann Burk-Carver, Gordon Lish et la poétesse Tess Gallagher qui attend son heure en coulisses… Ciseaux raconte leur histoire : dans l’Amérique des années 60 à 80, l’accomplissement de deux hommes en proie à une dépendance réciproque, un écrivain et son éditeur qui coupe ses textes au point de les dénaturer.



  • Mise en scène : Marion Coutarel
  • Jeu : Sandrine Barciet, Isabel Oed, Sébastien Portier, David Stanley
  • Dramaturgie : Elodie Valette
  • Scénographie : Laurent Carcedo, Muriel Chircop
  • Musique : Jérôme Hoffmann, Julien Valette
  • Lumières : Catherine Noden
  • Chargée de production : Marina Brouet

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Crédits photo : Marie Clauzade

Production : Théâtre de la Remise

En coproduction avec :
Domaine d’O, domaine départementale d’Art et de culture
Mairie de Mauguio Carnon

Avec le soutien de l’Atheneum, centre culturel de l’Université de Bourgogne et de l’E.S.A.T La Bulle Bleue

Avec l’aide de la DRAC Languedoc-Roussillon, de la Région Languedoc Roussillon, de la Mairie de Montpellier et de la Spedidam.
La compagnie est conventionnée par le Conseil Général de l’Hérault.

Ce spectacle reçoit le soutien de Réseau en Scène Languedoc Roussillon.