Viens plus près
Viens plus près
Création 2006

Inspiré des romans les vagues et Mrs Dalloway et du Journal d’un écrivain de Virginia Woolf
Deux acteurs dans deux espaces clos : un homme dans son atelier de chapelier et une femme dans son intérieur bourgeois. Deux partitions en écho ou en opposition l’une de l’autre. Un homme, une femme, deux trajectoires individuelles, qui se sont déjà croisées, connues (aimées ?) et mènent paisiblement leur existence parallèlement au soleil qui se lève et se couche, se lève et se couche.
Ils vont se croiser à nouveau, c’est scientifique et prédit par les journaux… Est-ce çà l’instant capital ou bien tous les autres qui précèdent ? Elle attend son mari qui n’arrive pas à l’heure dite. Tout devient alors un prétexte aux souvenirs, aux fantasmes et aux fantômes. Lui, emmitouflé dans son quotidien de chapelier, ne voit rien venir et cela pourrait continuer ainsi des siècles. Il voit les clients défiler et écrit les histoires imaginées de leurs vies qui le dépassent.


Un beau jour, un de ces hasards de l’existence fait qu’il y a une commande de chapeau pour une prénommée Suzanne.
Plus aucun mot, plus aucune phrase. Il est soudain renvoyé à son propre néant.
Vos yeux, Suzanne, vos yeux, plein de champs de blé et de navets, me troublent.
Virginia Woolf- Les vagues
Virginia Woolf (1882-1941) est une auteure en prise avec son époque et les douleurs de sa société, une personne sensible qui porte un regard empli d’humour et de férocité sur ses congénères, passionnée par l’humain et ses méandres.

Comment cette écriture résonne avec nos corps théâtraux ? Pourquoi ces mots nous obsèdent jusqu’à vouloir les délivrer sur scène ? Comment, lors d’une représentation, explorer la notion de temps, si présente dans l’œuvre de Virginia Woolf ?

« Mais si un jour vous n’apparaissez pas à l’heure du petit-déjeuner, si je vous vois dans un miroir regarder quelqu’un d’autre, si le téléphone retentit en vain dans votre chambre vide, alors, après d’indicibles angoisses (car il n’est pas de fin à la folie du cœur de l’homme), je chercherai, je trouverai quelqu’un d’autre qui sera encore vous-même. En attendant, abolissons d’un revers de main, le battement de l’horloge du Temps. Viens plus près… »
  • Mise en scène : Marion Coutarel
  • Acteurs : Bertrand Cabioch et Delphine Maurel
  • Scénographes : Laurent Carcedo, Muriel Chircop
  • Musiciens : La Bulo
  • Costumière : Mélissa Matteï
  • Lumières : Serge Oddos

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Crédits photo : Elisa Pone

Production : Théâtre de la Remise
Co-production : Théâtre de Clermont l’Hérault